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Maman, ce n'est pas de ta faute...

Un grand ouf de soulagement, le 17/12/2006, le jour de mes 30 ans en faisant mon coming out à ma mère en lui lisant une lettre. Malgré la distance qui nous sépare, l'émotion a été vive:
Maman,
J’ai accumulé tout ce que j’ai pu comme énergie positive et de courage pour t’écrire cette lettre dont j’ignore la manière avec laquelle la commencer ni comment vais-je la finir.
C’est avec des larmes chaleureuses et abondantes, que je te remercie pour la belle éducation et les grandes valeurs que tu m’as inculquée. Rien ne peut remplacer l’amour que je te porte au fin fond de mon cœur ma chère maman. J’ai pu édifier ma vie et une personnalité avec la plus belle façon qu’elle soit grâce à ta générosité dont tu as fait preuve tout au long de mon parcours de construction. Je n’oublierai guère que tu t’es privée des besoins les plus essentiels pour que je sois le meilleur et le plus heureux. Ta place est inéluctablement au Paradis, maman. Je serai fier d’avoir une mère comme toi tout au long de ma vie et cela jusqu’au dernier souffle.
La dureté des propos qui vont suivre est une réalité que ni moi, ni toi  pouvons aller contre. C’est Dieu qui a choisi t personne n’est habilité d’aller dans le sens contraire de ce destin. C’est comme ça, je l’accepte après de longues années de silence et de souffrances.
Si je t’écris aujourd’hui c’est pour que je t’éclaire sur l’autre facette intime de Naoufal que peu de personnes savent. L’important pour moi c’est que tu saches que ce n’est de la faute à personne et aucune culpabilité ne doit s’en suivre.
Maman,
Je suis sûr que désormais ton souhait le plus important c’est que je fonde une famille aux normes de nos traditions, nos valeurs, et notre religion. Il s’avère que je ne pourrais pas assumer ce schéma là parce que tout simplement, je ne suis catégoriquement pas attiré par les filles et dieu m’a créé ainsi. La vérité est dure pour tout le monde, moi le premier. Je pourrais bien me suicider ou me faire du mal lors de cette prise de conscience et de cette lourde réalité afin de mettre terme à cette maudite souffrance qui a tâché toute ma vie, mais ma foi en dieu et en les personnes que j’aime m’en a empêché. Je pourrai faire croire que le monde se porte bien sauf que je refuse de fonder une famille sur le mensonge et rendre malheureuse la fille qui partagerait ma vie. C’est inadmissible pour moi, mieux impossible.

A trente ans, je me suis résigné à ma façon d’être et je suis heureux comme cela après tant de questions et de tumultueuses histoires. C’est à toi maman maintenant de comprendre qui je suis et qu’est ce que je peux représenter pour toi : un fils maudit ou un fils heureux, un enfant égoïste ou un enfant modèle. C’est à toi maman, de m’accepter ou de me rejeter de ta vie. J’aurai espéré malgré la lourdeur de cette lettre de te prendre dans mes bras pour te demander pardon pour tout ce je peux être et qui ne correspond pas à tes souhaits et ton espoir.
Je ne suis pas en mesure de te demander quoique ce soit, mais c’est juste de continuer de m’aimer comme tu l’as toujours fait, parce que je resterai ton fils qui t’aime et qui aurai espéré ne pas exister pour t’épargner ce malheureux sort. Je suis sincèrement désolé.

J’ai choisi ce seuil de trente ans pour me délivrer à toi parce qu’à mes yeux c’est un âge où on ne peut plus mentir aux êtres les plus chers. J’ai consulté beaucoup de monde de tout bord, et j’ai eu heureusement beaucoup de soutien et de compréhension. Parce que j’en avais besoin pour retrouver mon sourire que j’ai perdu tout au long de mon jeune âge. J’ai su que cet état a toujours existé depuis la création de l’univers et je ferai avec.
Ce que je suis n’est pas un choix, loin de là. Clairement, parce que si j’avais le choix entre la voie la plus simple et ce que je suis maintenant, je serai le premier à emprunter le chemin qui correspond à la norme. Malheureusement, je ne peux pas : je suis différent. Je ne veux pas que cette différence te nuit ou te blesse, c’est la volonté de la nature. Pardonne-moi ma mère pour cette différence même si je n’en suis pas l’investigateur.
Comment pourrais-je te faire oublier cette blessure ? J’ignore ! et mon souhait, ce sera que tu m’acceptes comme je suis.

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